l’intempestive

parutions & médias 2021-2022

25 avril 2022 _ _série périodiques


Liste de mes publications écrites et entretiens dans d’autres médias (sans Radio renversée donc) en 2021 et 2022. Je mettrai cette liste à jour par ordre chronologique inverse au fil de l’année. Les chapeaux de mes publications sont de moi (sauf mention contraire), en revanche ceux des entretiens écrits ou sonores que j’ai donnés sont rédigés par les médias qui m’ont invitée.

  • « Le sonore, dimension performative de l’espace. Quatre fragments sur le proche et le lointain », Les Cahiers de l’École de Blois, n° 20, « Le proche et le lointain », juin 2022

Le sonore, longtemps, n’a pas même eu d’existence sur les plans des architectes ou des urbanistes – ni en amont, ni en aval. Au fil du XXe siècle, il s’y est ancré sous une forme binaire : le bruit, l’isolation – les deux faces de la même médaille, la seconde venant sempiternellement réparer, contenir, compenser le premier. Au XXIe siècle, rares demeurent celles et ceux qui l’intègrent dès la conception des paysages, des immeubles ou des places publiques – plus rares encore, celles et ceux qui bâtissent avec lui. Le sonore, pourtant, ne représente pas le sous-produit de l’espace, la simple déclinaison de lois acoustiques selon des usages sociaux attendus ou anticipables. Il en constitue la part vivante : pas seulement au sens où il l’habite d’objets auditifs sans cesse mélangés de façon inédite, mais, surtout, en ce qu’il l’active et le matérialise. Il en dresse de mouvants contours, tout aussi décisifs dans l’expérience du quotidien que les sols, les murs ou la lumière. Il en rejoue les distances, introduisant le lointain dans l’intime ou transformant l’enfermement en ouverture. Il investit de temps la longueur, la largeur et la profondeur. Il compose des milieux. Voici quatre fragments prélevés dans le flux d’une écoute située et de multiples réécoutes, quatre fragments d’espaces performés par le son.

Que ce soit dans la sphère privée ou publique, nous sommes entourés de sons artificiels. Lʹordinateur qui sʹallume, le bip de la carte que lʹon scanne, la modulation dʹun répondeur téléphonique. A quoi servent ces sons ? Existent-ils pour valider une action, attirer notre attention, créer une empreinte sonore pour chaque marque ? Comment est conçu ce design sonore ? Comment les sons du quotidien influencent-il notre rapport au monde ? Tribu en parle en compagnie de Juliette Volcler, chercheuse indépendante. Elle publie "L’orchestration du quotidien : design sonore et écoute au 21e siècle" aux éditions La Découverte.

Et soudain le silence… ou presque. Conséquence inattendue du confinement, la disparition des véhicules à moteur de l’espace public, la mise sur pause des machines a rendu audibles les sons de la nature. Selon une étude sismique menée par l’Observatoire royal de Belgique avec l’Imperial College of London et publiée dans la revue Science, ce phénomène a été observé dans le monde entier, de Singapour à New York, de La Forêt-Noire au désert de Namibie. Si ce silence entrecoupé du chant des oiseaux ou du grognement des sangliers ne fut qu’un bref interlude, l’épisode a attiré notre attention sur ces bruits, ces sons qui rythment notre quotidien, encadrent l’espace public, conditionnent nos comportements et impactent parfois notre santé. En 2022, de quoi est constitué notre paysage sonore, qui le compose et à quelles fins ? La bande son de nos vies quotidiennes fait-elle écho à des représentations collectives, contribue-t-elle à les façonner ?

Invitée : Juliette Volcler est chercheuse indépendante, productrice de radio et critique sonore. Elle a travaillé, entre autres, sur l’histoire des manipulations sonores au moyen du son et est l’auteure sur le sujet, d’un ouvrage paru aux éditions de la Découverte : Contrôle, comment s’inventa l’art de la manipulation sonore. Elle s’intéresse également à l’exploitation du son dans la sphère sociale et vient de publier à ce sujet un essai : L’orchestration du quotidien : design sonore et écoute au 21e siècle, éditions de la Découverte.

Dans ce nouvel épisode de Travail (en cours), la journaliste Camille Maestracci se demande quels sont les effets de la musique lorsqu’on travaille, et les enjeux de pouvoir qui se cachent derrière. Elle a interrogé Natacha, Romain et Xavier, trois associé·es avec une playlist partagée. Elle tend aussi son micro à Hervé Platel, professeur spécialisé en neuropsychologie, qui nous explique ce qu’il se passe dans notre cerveau lorsqu’on écoute de la musique. Enfin, la chercheuse et productrice radio Juliette Volcler explique les dimensions autoritaires de la manipulation par le son, et ses voies d’émancipation.

Aujourd’hui, nous recevons la chercheuse indépendante Juliette Volcler. Dans son ouvrage L’Orchestration du quotidien (La Découverte, avril 2022), elle nous explique en quoi les sons du quotidien modèlent notre rapport au monde.

Fatigués des « taa dam tâ-dâm », « tu-tû-du dûûûû » et autres « clic » qui parasitent l’espace public  ? Nous avons demandé à la chercheuse indépendante Juliette Volcler, autrice de l’essai L’Orchestration du quotidien (éditions La Découverte), comment réinventer le design sonore au XXIème siècle.

Merci de bien vouloir patienter, un conseiller va prendre votre appel. C’est en général par ces mots qu’est introduite cette petite musique destinée à mieux nous faire attendre et qui finit toujours par nous courir sur le haricot. C’est aussi une petite musique qui comble le vide de certains ascenseurs, et encore une musique qui habite l’espace sonore des magasins et galeries marchandes. Aucune attente n’échappe à la musique d’ambiance. Et puis il y a la mélodie de fin de cycle de la machine à laver, le son des voitures électriques, le bip-bip-bip de la bouilloire.... Pour nous qui voyons le lucre partout, ça faisait beaucoup, trop peut-être. Il y avait forcément autant de trébuchan que de sonnant dans l’affaire et il nous fallait en avoir le cœur net. C’est donc à une chercheuse indépendante aux esgourdes bien aiguisées que nous avons adressé nos questions et demandé de commenter une série de sons qui font notre quotidien. Personne mieux que Juliette Volcler ne pouvait nous éclairer.

Cette semaine, Fenêtre Ovale se penche sur les stratégies auditives offensives. Armements sonores pour contrôler les foules et le quotidien, sons d’animaux utilisés comme moyen de chasse, colonisation des espaces, surveillance par le bruit, moyen de résistances, fantasmes technocapitalistes, on envisage le son comme arme avec les interventions bienveillantes de Juliette Volcler et Peter Cusack.

Cet article constitue une synthèse sur le design sonore dans le domaine de l’armement. Il reprend les éléments factuels de mon essai Le son comme arme (La Découverte, 2011) concernant les armes utilisées aujourd’hui par la police et l’armée, et y ajoute quelques éléments nouveaux (notamment sur les grenades et dispositifs acoustiques des forces de l’ordre françaises). J’y aborde par ailleurs la question de savoir si l’on peut ou pas qualifier les sons répulsifs de design, et ce que cela implique dans la définition des armes comme du design.

  • Notes de pochette de l’album Sans chemin de L’Ocelle mare, octobre 2021

C’est une ritournelle qui s’éveille, se déploie, s’absente, resurgit, se transforme, s’oublie, s’éveille encore. Une ritournelle tout en plis et en creux, qui donne à voir autant qu’à écouter, théâtre d’ombres acoustiques où chaque timbre, chaque rythme, chaque modulation, naît d’un geste minutieusement affiné. « Je n’écris pas la musique, c’est un assemblage de mémoires de gestes. », dit Thomas Bonvalet.

  • « Démilitariser l’art sonore », magazine du festival Archipel (Genève), avril 2021

« L’industrie du divertissement constitue littéralement un abus de matériel militaire. » assenait en 1986 le théoricien des médias Friedrich Kittler dans son essai Gramophone, Film, Typewriter. La phrase a le mérite de nous réveiller. Ce serait nous en tirer à bon compte que d’y lire simplement : le business des hits parades s’est bâti sans le dire sur du matériel initialement conçu pour l’armée. Nous n’accepterions là que le petit bout de vérité rassurante qui nous permettrait de maintenir une cloison fantasmatique entre marchandises spectaculaires et œuvres savantes, usines à sensations et ateliers d’éveil des consciences. Nous serions plus proches de la réalité si nous traduisions plutôt cela en : toute production sonore amplifiée lors de sa fabrication ou de sa diffusion doit son existence à l’armée.

  • Rédaction de la revue Ici l’onde 2021, centre de création musicale Why Note, mars 2021

Présentation éditoralisée de la saison 2021 de Why Note, à travers des entretiens ou portraits des artistes invité·es : Elsa Biston, Diane Blondeau, Thomas Bonvalet, Coralie Ehinger et Julia Robert.

_ _


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan | Squelette | Spip | Domaine public | CC by-nc 4.0