l’intempestive

les voix du peuple : l’espace public sonore au XVIIIe

24 mai 2012 _série phonographies


les voix du peuple : l’espace public sonore au XVIIIe
_23.05.12 _00:59:54
_mp3 (82.3 Mo) _help !
_licence & rediffusion


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par Edmund Monsiel« Bien sûr, il y eut Mozart, Lulli, Bach et tant d’autres dans l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles. Bien sûr, il y eut, répertoriées, paroles et partitions de chansons populaires, d’hymnes de fêtes (...). Mais pour ce qui constitue, appelons-le “le reste”, c’est-à-dire l’impressionnant tohu-bohu des paroles dites et des voix en plein échange, des appels, des cris sourds ou égosillés, seul nous est aujourd’hui donné le silence [1]. » - entretien sur ce « reste » avec Arlette Farge, historienne, autour de son Essai pour une histoire des voix au dix-huitième siècle (Bayard, 2009)
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on parle de la société orale qu’était le XVIIIe ; on parle de la spécificité d’un travail historique sur le son ; on parle des archives de police, où les voix du peuple sont présentées comme cacophoniques, animales, gutturales ; on parle du paysage sonore d’une rue du XVIIIe et de la mélodie propre à chaque marchand ambulant ; on parle de la porosité sonore entre l’espace domestique et l’espace public ; on parle de manifestations sonores courantes au XVIIIe, « bacchanales », « charivaris » ; on parle du corps comme médium d’information et d’expression dans une société conflictuelle ; on parle de l’importance des émeutes et de l’appel à l’émeute, « houet houet ! », « voilà la révolte ! » ; on parle de l’attention que porte le pouvoir aux bruits du peuple, ces « coassements de grenouilles » ; on parle de l’émeute des « enfants polissons » en 1750 ; on parle des voix des femmes, de leur rôle dans l’émeute ; on parle de la mise en place d’une police des voix, soucieuse d’unifer la langue française et d’encadrer la prononciation ; on parle de la grande par Carlos Zinellienquête sur les « patois » et des voix qui y sont comparées aux paysages locaux ; on parle du « parler banlieue » aujourd’hui comme résistance au pouvoir ; on parle du micro humain employé lors du mouvement Occupy
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l’entretien est parsemé d’extraits de deux projets de Radio Aporée, qui propose une cartographie collective des sons du monde : « Coucou les naufragés » par arckibuz (« phonographie de l’errance, des blackboulés par la société, marginaux, soit disant fous, et autres “chevaux de génies” ») et « Allah Bul Kheer », par Jüang Ren (enregistrements de vendeurs ambulants et de réfugiés à Damas)
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les images sur cette page, respectivement d’Edmund Monsiel, Carlos Zinelli et René dit le Bedeau, proviennent de la collection de l’association abcd art brut
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émission co-réalisée avec Guillaume Yaume, diffusée le mercredi 23 mai 2012 à 20h, rediff samedi 26 à 1h, sur Radio Galère (88.4 MHz à Marseille), ensuite disponible sur cette page en libre écoute et téléchargement - également diffusée sur Canal Sud (92.2 MHz à Toulouse) le 17 juillet 2012
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« le siècle mineur » _entretien avec Arlette Farge dans la revue Vacarme, complété de ces questions

par René dit le Bedeau« Le XVIIIe a vu une bataille acharnée entre les voyelles et les consonnes » _un autre entretien, autour de l’Essai pour une histoire des voix

« Penser et définir l’événement en histoire » _article d’Arlette Farge autour de la valeur historique de l’émotion et de ce qui est habituellement écarté de l’étude historique

« Arlette Farge : Quand s’échauffe le peuple » _violences, pouvoirs et solidarités à Paris au XVIIIe siècle

« Les plus pauvres portent des écrits sur eux » _article d’Arlette Farge

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notes

[1Arlette Farge, Essai pour une histoire des voix au dix-huitième siècle, Bayard, 2009, p. 35


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